Les sociétés civiles immobilières ne sont pas plébiscitées par hasard : elles présentent un atout solide pour organiser et piloter un patrimoine immobilier, surtout pour les bailleurs. Mais l’aventure de la SCI va bien au-delà de la gestion quotidienne : elle impose aussi de respecter un calendrier de déclarations et de formalités fiscales, notamment pour tout ce qui touche aux revenus. Voici comment s’y prendre pour déclarer les revenus d’une SCI et éviter les pièges classiques.
La déclaration des revenus dans une SCI soumise à l’impôt sur le revenu
C’est le cas de figure rencontré le plus souvent : la plupart des SCI relèvent de l’impôt sur le revenu, à moins d’avoir opté pour un autre régime ou de répondre à des critères spécifiques. Lorsque la SCI est soumise à l’IR, deux déclarations s’imposent chaque année :
- Le gérant doit déclarer l’ensemble des revenus générés par la SCI ainsi que la part attribuée à chaque associé.
- Chaque investisseur doit, de son côté, indiquer sa quote-part des revenus sur sa propre déclaration.
La déclaration du gérant
Chaque année, le gérant a la responsabilité de déclarer les revenus encaissés par la société, correspondant à l’exercice précédent. Le délai pour déposer cette déclaration est fixé au deuxième jour ouvré qui suit le 1er mai. Un retard n’est pas anodin : des sanctions peuvent s’appliquer au gérant.
La déclaration du gérant se fait auprès du service des impôts compétent. Son format dépend du profil de la SCI : la déclaration n°2072-S est la norme pour les sociétés dont les membres sont exclusivement des personnes physiques, à condition que la SCI ne détienne pas de biens en nue-propriété.
Certaines situations appellent à remplir la déclaration n°2072-C, notamment pour les SCI qui gèrent des immeubles bénéficiant de déductions spécifiques comme l’amortissement ou possédant des biens en nue-propriété.
Pour réaliser cette déclaration, il convient de recenser l’intégralité des recettes de la société. Cela inclut les loyers perçus, mais aussi d’éventuelles subventions ou revenus annexes, comme les locations de toitures à des opérateurs télécoms. Cette étape d’inventaire permet d’éviter les oublis qui pourraient coûter cher lors d’un contrôle.
La déclaration des bailleurs de la SCI
Chaque associé a également son rôle à jouer. Il doit reporter, dans sa déclaration de revenus, la part des bénéfices tirés de la SCI qui lui revient, en fonction de la répartition des parts. Si la société dépend du régime réel d’imposition, la déclaration n°2044 est requise. Ce document est à joindre à la déclaration annuelle de revenus.
La déclaration des revenus dans une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés
Il arrive qu’une SCI relève directement de l’impôt sur les sociétés. Dans ce cadre, la structure elle-même est imposée, et la procédure de déclaration diffère. Il devient alors nécessaire de tenir une comptabilité conforme à la réglementation, et le recours à un expert-comptable s’avère souvent judicieux, notamment pour l’inventaire des biens et la préparation des documents. Pour déclarer les revenus de l’année, il faut remplir le formulaire n°2065.
Face à la variété des règles, mieux vaut s’appuyer sur le fonctionnement précis de la société. En cas de doute, consulter les statuts ou faire appel à un spécialiste permet d’identifier la démarche appropriée et d’éviter des erreurs de déclaration qui pourraient coûter cher.
Les spécificités de la déclaration fiscale pour les associés de la SCI
Déclarer les revenus d’une SCI ne concerne pas seulement la société : chaque associé a également des obligations. Il doit déclarer la part des bénéfices ou des pertes qui lui revient, selon le mode d’imposition de la SCI (IR ou IS).
Si la SCI relève de l’IR, chaque associé doit intégrer sa quote-part du résultat annuel dans sa propre déclaration d’impôt sur le revenu, à la rubrique « Revenus fonciers » du formulaire n°2042. Les charges supportées pour l’acquisition ou la gestion du patrimoine immobilier peuvent, sous conditions, être déduites des loyers perçus.
Si la SCI est imposée à l’IS, la situation se complique. Les bénéfices redistribués aux associés sans avoir été imposés en amont sont soumis au barème progressif, après application d’un abattement représentatif des frais généraux. Il est alors nécessaire de remplir une fiche spécifique pour établir le document 2561 bis-II-SD, qui récapitule le montant brut des dividendes perçus durant l’année.
Les conséquences fiscales en cas de non-respect des obligations déclaratives de la SCI
Ignorer ou négliger les démarches déclaratives expose la SCI à des sanctions potentiellement lourdes, qu’elle relève de l’IS ou de l’IR.
Pour une SCI soumise à l’IR, une déclaration tardive ou incomplète entraîne une pénalité immédiate de 10 % du montant déclaré. Cette majoration grimpe à 30 %, voire 40 %, en cas de récidive dans les deux ans.
Côté IS, le non-respect des obligations peut coûter cher : l’amende s’élève jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires hors taxes pour une déclaration tardive ou jusqu’à 1 500 € par infraction si les informations transmises sont incohérentes.
Si les dividendes sont distribués sans que l’impôt ait été préalablement acquitté, la société risque une amende jusqu’à 10 % du montant non déclaré. Même si ce cas reste rare, il n’est pas à prendre à la légère : le fisc ne manque pas de rappeler à l’ordre les sociétés fautives.
Une gestion défaillante des déclarations fiscales peut peser lourd sur l’ensemble des associés. Pour limiter les risques et se prémunir contre un redressement, il est souvent avisé de confier ce volet à un professionnel qualifié, capable de gérer les attentes de l’administration fiscale et de garantir la conformité de la SCI.
Bien déclarer les revenus d’une SCI, c’est s’assurer une tranquillité durable face à l’administration fiscale. L’anticipation et la rigueur dans ces démarches font la différence, en évitant que la gestion du patrimoine ne se transforme en parcours d’obstacles.


