Un locataire ne peut pas disparaître d’un contrat à deux sans respecter un formalisme strict. La solidarité entre colocataires ne tombe pas automatiquement à la remise des clés. La date de départ ne coïncide pas toujours avec la fin des responsabilités financières.Certains propriétaires exigent l’accord écrit de tous pour acter la désolidarisation, alors même que la loi ne l’impose pas systématiquement. Les erreurs de procédure exposent à des dettes partagées, parfois plusieurs mois après le départ effectif. Les modalités varient selon la nature du bail, la clause de solidarité et les spécificités contractuelles.
Quitter un bail à deux : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Mettre un terme à un bail de location signé à deux ne s’improvise jamais. Dès la signature du contrat de location, les obligations s’entremêlent. Que l’on soit colocataires, partenaires ou conjoints, la séparation ne dissout pas d’un claquement de doigts les responsabilités partagées. La remise des clés ne marque que le début d’une autre histoire, celle des règles qui continuent à s’appliquer en coulisses.
La solidarité financière, souvent mentionnée dans les contrats de colocation ou les locations à deux, n’est pas une simple mention. Elle implique que chaque signataire reste redevable du paiement du loyer et des charges. En clair : partir ne suffit pas, le bailleur garde la possibilité de réclamer le solde à celui qui reste… ou à celui qui s’en va, selon les circonstances. Ce principe s’applique tant que le bail n’est pas modifié, jusqu’à l’arrivée d’un nouveau signataire ou l’expiration du préavis légal. Pour les couples mariés ou pacsés, le régime matrimonial influence la gestion du bail de location signé à deux, mais la solidarité subsiste, sauf démarche spécifique.
Avant toute démarche, clarifiez la situation : qui souhaite quitter le logement ? Qui reste ? Le propriétaire a-t-il été averti formellement ? Voici les points à examiner avant d’engager la moindre procédure :
- Relire le bail : identifiez si une clause de solidarité figure dans le contrat, ses conditions, ainsi que la durée du préavis à respecter.
- Informer le bailleur : privilégiez la lettre recommandée, preuve incontestable pour signaler le départ.
- Anticiper la gestion du dépôt de garantie : le locataire qui quitte les lieux ne récupère pas automatiquement sa part.
Le propriétaire peut refuser un changement de locataire tant qu’aucune candidature sérieuse ne se présente. Pour les couples, la séparation n’efface pas la solidarité sur le loyer sans une démarche officielle. Chaque détail du contrat de location compte et mérite d’être relu avant toute décision précipitée.
Quels droits et obligations lors d’une désolidarisation de bail ?
Procéder à une désolidarisation de bail, que ce soit après une séparation ou un divorce, pose toujours les mêmes interrogations : qui paie quoi, qui reste redevable, comment officialiser la sortie ? Tout se joue dans le texte du bail, dans la présence, ou non, d’une clause de solidarité, et dans la nature du lien entre les signataires.
Bien souvent, la clause de solidarité oblige chaque locataire à garantir le paiement du loyer jusqu’au terme du préavis. Pour se retirer, il ne suffit pas de vider ses cartons : il faut transmettre une lettre de résiliation au bailleur. Cette lettre fait démarrer le délai de préavis, variable selon le type de location (meublé ou vide). Et même après avoir quitté le logement, il n’est pas rare de devoir continuer à payer le loyer jusqu’à l’échéance du préavis ou l’arrivée d’un nouveau locataire.
La désolidarisation du bail ne se résume pas à un simple courrier : il faut décortiquer la clause du contrat. Pour les couples mariés ou pacsés, ni la séparation ni la rupture du PACS ne mettent fin à la solidarité locative automatiquement. Seule une décision de justice ou un accord explicite du bailleur rompt ce lien.
Pour bien baliser le terrain, tenez compte de ces points avant toute démarche :
- Assurez-vous de la présence d’une clause de solidarité dans le bail.
- Respectez le préavis de location : trois mois pour une location vide, un mois si le logement est meublé ou en zone tendue.
- Demandez un écrit du bailleur actant la désolidarisation et sa date.
La résiliation du bail de location à deux requiert une vigilance de chaque instant. Un détail négligé, et les conséquences financières ou juridiques peuvent s’éterniser.
La procédure étape par étape pour se retirer d’un contrat de location partagé
Rompre un bail de location signé à deux, ce n’est pas qu’une question de cartons. Chaque étape, chaque document, chaque date compte pour préserver ses droits et ne rien laisser au hasard.
Tout commence par la rédaction d’une lettre de résiliation du bail. Celle-ci, datée, signée, doit indiquer sans ambiguïté la volonté de quitter le logement, rappeler la référence du contrat de location, et préciser la date de départ souhaitée. L’envoi en courrier recommandé avec accusé de réception reste la meilleure garantie en cas de contestation devant le propriétaire bailleur.
Ensuite, place au préavis : trois mois pour une location vide, un mois pour une location meublée ou un logement situé en zone tendue. Ce délai débute dès la réception du courrier par le bailleur. Durant cette période, le locataire qui quitte doit continuer à régler sa part du loyer et des charges, sauf si le contrat prévoit l’arrivée d’un remplaçant.
Le jour où vous quittez les lieux, exigez un état des lieux de sortie contradictoire. Ce document signé par les deux parties conditionne la restitution du dépôt de garantie. Sans état des lieux, la retenue sur le dépôt devient quasi systématique.
Pensez aussi à informer votre assureur pour réviser le contrat d’assurance habitation. Le départ d’un occupant modifie la couverture et la responsabilité sur le logement.
Enfin, demandez au bailleur un écrit attestant la désolidarisation et la date de prise d’effet. Cette formalité évite toute ambiguïté sur la répartition des dettes locatives à l’avenir.
Exemples de lettres pour accompagner votre demande de résiliation ou de désolidarisation
Lettre de résiliation du bail signé à deux
Pour signifier un congé en bonne et due forme, structurez votre courrier avec précision. Adressez-vous explicitement au bailleur, précisez vos coordonnées, la référence du contrat de location et la date de départ envisagée. Mentionnez votre volonté de quitter le logement, la durée du préavis (un ou trois mois selon le cas), et demandez l’organisation d’un état des lieux de sortie.
- Objet : Résiliation du bail de locationMadame, Monsieur,Par la présente, je vous informe de ma décision de mettre fin au bail de location signé le [date] pour le logement situé au [adresse]. Conformément aux dispositions légales, le préavis débutera à la réception de ce courrier. Je vous remercie de bien vouloir convenir d’un rendez-vous pour l’état des lieux de sortie.
Lettre de désolidarisation du bail de colocation ou de couple
Quand il s’agit de désolidarisation, le courrier doit formuler clairement votre volonté de ne plus être solidaire au titre du bail. Indiquez qui reste dans le logement, les références du bail, et demandez une confirmation écrite du propriétaire sur la date de fin de solidarité.
- Objet : Demande de désolidarisation du bailMadame, Monsieur,Je vous informe de mon souhait de me désolidariser du bail de location relatif à l’appartement situé au [adresse], conclu le [date]. Merci de m’indiquer la date effective de mon retrait du contrat et de préciser les modalités de restitution du dépôt de garantie.
Dans tous les cas, expédiez chaque lettre en courrier recommandé avec accusé de réception. Cette précaution protège les droits des locataires et sécurise chaque étape de la résiliation du bail ou de la désolidarisation du bail.
Rompre un bail à deux, ce n’est jamais une formalité anodine. Un courrier bien ficelé, une vigilance sur les délais, un œil sur la clause de solidarité : voilà ce qui sépare les litiges sans fin d’un nouveau départ serein.


